1
SECTION 1 · CE N'EST PAS UNE FAUTE — C'EST UNE LACUNE
LA VAGUE DEVOPS ÉTAIT UNE RÉPONSE RÉELLE À UN BESOIN RÉEL
Les personnes qui portent le titre DevOps aujourd'hui ne sont pas les ennemies du corps infrastructure. Beaucoup ont été mal orientées, mal formées, mal nommées — pas par mauvaise volonté, mais parce que le marché a appelé n'importe quoi "DevOps" pendant dix ans. Elles ont les bases. Il manque une couche — pas toute la compétence. La sortie douce ne dit pas "vous avez eu tort" — elle dit "voici ce qui manque et comment l'ajouter, avec ce qui existe aujourd'hui".
◆ CE QUE LA VAGUE DEVOPS A APPORTÉ DE RÉEL — LES ACTIFS À PRÉSERVER
Trois choses réelles et précieuses : collaboration entre développeurs et opérateurs, automatisation des déploiements (IaC, CI/CD), culture de la mesure (monitoring, alerting, SLO, post-mortem). Ce sont des actifs. La sortie douce les ancre dans une réalité physique qui leur manquait — elle ne les efface pas.
Le problème n'est pas que les DevOps existent. C'est que le titre a progressivement remplacé les titres techniques précis sans en transmettre les compétences fondamentales : le hardware, le réseau physique, la couche OSI bas niveau, le stockage, le bare-metal. Des compétences en hauteur, fragiles en profondeur.
◆ LA NOMENCLATURE — UNE PROPOSITION, PAS UN FAIT ACCOMPLI
La nomenclature SysOps/NetOps/OpInfra proposée dans "Le Ticket et le Talent" n'est pas un référentiel adopté par une branche professionnelle ou un organisme. C'est une proposition du corpus Opération Dindon — un plan de sortie de la perdition, documenté, argumenté, opérationnel. Elle propose six niveaux, trois catégories, des critères de compétence définis. Elle n'existe que si des organisations décident de l'adopter. Cette étude propose les outils pour que cette adoption soit possible — progressivement, sans rupture sociale.
◆ LES TROIS POPULATIONS QUI ONT BESOIN D'UNE SORTIE
Les DevOps "orphelins" : compétences réelles, titre qui ne les sert plus. Ils sentent la lacune — ils ne savent pas comment la combler sans recommencer de zéro.
Les architectes cloud sans racines : légitimité sur les certifications cloud, fragilité sur ce qui est en dessous. Ils veulent ancrer — pas tout refaire.
Les organisations en transition : équipes construites sur la vague DevOps, problèmes du corpus qui se matérialisent. Ils veulent reconstruire sans rupture sociale ni aveu public d'erreur.